Interview | Chinese Man
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Pouvez vous nous raconter, comment est né le Chinese Man ?
Comment et quand... Il est né en 2005. La première apparition est en 2007, mais officiellement c'est 2005. Chinese Man c'est trois potes avant tout, High Ku, Zé Matéo et moi-même Sly qui
composons la musique avant tout, au début sans vraiment vouloir en faire carrière, c'était plus entre potes. On a quand même sorti un vinyle, 500 exemplaires. Et voilà petit à petit on en est arrivé à maintenant ; le véritable première album.
Justement, pourquoi ne considérez vous pas les deux Groove Sessions comme des albums véritables ?
Non, c'est un peu différent. Les Groove Sessions sont en fait des compilations de Maxi, parce que jusqu'à présent toutes nos sorties étaient d'abord sur vinyle. Donc souvent des 4 titres qu'on a compilés ensuite sur CD, donc il y avait moins de cohérence, dans les morceaux j'pense, moins de recherche de logique dans l'écoute du CD.
Pourquoi avoir créer un fabulation aussi poussée autour du groupe ?
Bah c'est quand même plus drôle non ? Parce que le truc c'est que quand tu commences ton groupe tu n'as pas d'histoire donc ça permet de mettre en relief les débuts du groupe. Et puis au moins, ça nous enlève le côté classique qui est un peu chiant. En plus, parler de nous.. enfin vu qu'on avait pas envie de se mettre en avant nous personnellement, on a préféré mettre en avant justement tout un univers créé de toutes pièces. Parce qu'au bout d'un moment faut faire une bio pour présenter les choses et du coup plutôt que de faire un truc genre « bah moi ça fait deux ans que je fais bla bla bla », on a préféré faire un truc second degré.
Et donc finalement, pourquoi ce nom ? Pourquoi Chinese Man ?
C'est le nom qui nous a choisi. Avec le premier vinyle on ne trouvait pas de nom en fait pour ce groupe, qui n'était pas vraiment un groupe à la base mais plutôt un collectif. Et le premier morceau qu'on avait fait tous ensemble s'appelait Chinese Man. Ça sonnait plutôt bien et une fois qu'on s'est rendu compte que ce nom là nous plaisait, on a finalement inventé tout l'imaginaire.
Chinese Man c'est un groupe, mais aussi un label. Est-ce que cela vous permet d'être plus libre au niveau de votre production ou création ?
A mon avis, on est un peu plus libre ouai. Disons que artistiquement, on a aucune censure, on peut aller dans les directions qu'on veut. Si on veut faire de la musette demain, on peut le faire sans problème et c'est avant tout pour ça que le groupe s'est auto-produit. On avait pas l'impression qu'un manager apporterait spécialement quelque chose par rapport au groupe, à notre projet, notre manière dont on construisait le truc. On est musiciens, mais on est aussi initiateurs de projets, et c'est ce qui nous plaît là dedans, l'aventure humaine, organiser des choses. Tout ça faisait parti du projet dès le départ.
On ne vous a jamais proposer de signer des contrat avec des labels ?
Si, si c'est arrivé. Enfin pas au début, mais dès que t'as un peu de coups de projecteurs sur le projet t'as toujours des gens qui disent « hin, ouai c'est bien, on vous fait une vraie proposition..». Bon en fait non hein, il s'avère que ce ne sont jamais de vraies propositions. De toute façon, on est bien comme on est maintenant, mais un jour, quand on en aura marre, on donnera les clefs à un label mais pour l'instant c'est pas la question.
D'autant plus que si vous signez avec un autre label vous risquez de perdre de votre liberté liée à votre imaginaire.
Oui tout à fait, il y aura forcément des censures qui seront mises en place. Enfin j'te prend un exemple, on a fait un clip dans lequel une héroïne fume une clope un moment et puis il y a des flingues, et bah finalement avec un label quelconque, ce clip là il pourra pas sortir. Il y aura une censure parce que ça passe à la télé et tout ça … Donc ces questions là on s'les posent même pas. Et puis après il y a aussi la manière dont tu promotionnes le truc, comment tu vends le produit et nous on a envie de le vendre en défendant un état d'esprit, une manière de faire de la musique. Après même si notre musique n'est pas ultra revendicatrice, c'est juste nous à notre échelle, la manière dont on a envie de le vivre.
Parlez nous maintenant de votre dernier album.
Ce qui a changé pour nous sur cet album , n'est pas finalement son composé puisque c'est toujours pareil, c'est du sample à la base et puis après on fait les arrangements avec des synthés ou des claviers analogiques et tout ça.. Mais c'est plutôt le temps qu'on a eu pour le faire et le fait de l'envisager comme un truc qui s'écoute du début à la fin, avec les transitions et tout ça. Après on a aborder des thèmes un peu différents, des thèmes qu'on avait jamais abordés auparavant. On est allé rechercher des samples un peu plus loin. Mais c'est surtout le temps de le faire et pouvoir collaborer avec des musiciens et puis le penser un peu comme une histoire, une BO de film.
Dans les deux Groove sessions, vous avez tiré des samples de films, séries comme Dexter, Fight Club ou encore Pulp Fiction. Qu'en est-il pour ce dernier album ?
Ouai évidemment, mais dans des films peut-être un peu moins repérables, puisqu'on avait plus de temps, on est allé fouiller dans l'un peu plus ancien. Des trucs moins connus, mais aussi et surtout des trucs qui pour nous semblaient le mieux coller à l'album.
Alors justement, quand vous composez, vous avez un objectif et ensuite vous allez puiser dans vos références ou à l'inverse vous prenez les films que vous aimez et vous vous servez de ça pour composer ?
Non non on est jamais parti d'un film. On part toujours d'un sample, d'un son qui nous plaît et on compose autour de ça. Après les films c'est assez différent, par exemple sur les morceaux précédents avec Dexter, c'est avant tout parce que c'est musical. C'est pas par que c'est « Dexter ». Après il s'trouve qu'évidemment on aime ça, on à tous eu notre période Fight Club mais on s'est jamais dit « on prend ce film et on fait un morceau là dessus ».
Qui est cet homme qu'on peut entendre tout au long de la chanson Stand! ?
C'est Jesse Jackson, un révérend noir américain qui récite un discours qu'il a tenu avant le Wattstax, qui était une sorte de Woodstock pour la black music.
Comment l'opportunité de collaborer avec Mercedez s'est elle présentée? ( I've got that tune était la bande son d'une pub pour Mercredez. Ndlr )
On a couché, avec Mercedez.... Enfin la fille de Mercedez plutôt. Et puis c'est eux qui ont eu l'opportunité de travailler avec nous, pas l'inverse ( rires ).
Non mais nous on a toujours utilisé toutes sortes de média pour faire circuler notre musique, notamment depuis la création d'internet et c'est vrai que la pub, ça a été un concours de circonstances. Ceux qui travaillaient sur la réalisation du clip connaissait le morceau et voilà quoi, on a dit d'accord. Mais bon voilà, le morceau existait déjà deux ans avant, on a pas composé pour la pub, il a été choisi pour une pub. Mais on s'est quand même pris la tête pour savoir si était ok ou non pour la musique. Mais bon c'était Mercedez donc voilà c'était bien commercial. Si ça avait été Herta ou pour du pâté on aurait refusé. D'ailleurs il y a d'autres marques qui nous on demandé mais on a tout refusé, parce que l’image de la pub ne collait pas à celle de la musique.
Nous remercions Chinese Man, groupe formidable et charmant, pour avoir accepté l'itw, et avec qui nous avons passé un très bon moment. Merci également à l'Echonova ( comme d'hab ) pour nous avoir permis de realiser cette itw.
Aurel et Fanch.
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